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Le roman « Tombéza » de Rachid Mimouni raconte l’histoire triste et forte d’un personnage du même nom, né dans des conditions très difficiles. On le suit pendant son enfance, son adolescence et sa vie d’adulte en Algérie. Ce livre critique durement la société et le gouvernement de l’époque. L’histoire présente Tombéza, un personnage bossu, dont la vie est remplie de problèmes et de rejet depuis sa naissance. Le roman montre comment il change à travers les différentes périodes de sa vie. Son expérience personnelle sert à révéler les problèmes de la société algérienne après son indépendance. L’écriture de Mimouni dénonce la corruption, l’injustice et l’hypocrisie de la société. À cause de sa difformité et parce qu’il est un étranger dans sa propre communauté, Tombéza pose un regard critique et sévère sur la réalité autour de lui. Le ton du récit est calme, presque paisible, même quand les situations décrites sont horribles. Cela rend l’histoire encore plus frappante pour le lecteur. Le livre parle de l’identité, de la solitude et de la difficulté à trouver sa place dans un monde qui refuse la différence. Tombéza doit constamment faire face à l’exclusion, ce qui influence sa vision du monde et ses idées contestataires. En résumé, « Tombéza » est un récit puissant qui, plus que l’histoire d’un homme marginalisé, offre une analyse sociale et politique très dure de l’Algérie moderne.

 

Extrait : Tombeza de Rachid Mimouni

 

« Tombeza naquit le jour même de l’indépendance de son pays. Cette coïncidence allait déterminer son existence tout entière. On lui fit comprendre, dès qu’il eut l’âge de raison, qu’il devait être un symbole. Un symbole vivant de la renaissance nationale. On lui serinait qu’il était l’enfant de la liberté, le fils de la révolution, le frère de tous les martyrs tombés pour que vive la patrie. […] On choisissait pour lui ses amis, ses lectures, ses vêtements. Sa vie n’était pas la sienne ; elle appartenait à la collectivité, à l’Histoire avec sa grande hache.

[…] Il cherchait à comprendre pourquoi on exigeait de lui qu'il fût parfait, alors que tout autour de lui, la société naissante vacillait, corrompue et menteuse. […]

« Le fonctionnaire qui m'a reçu était d'une courtoisie exquise. Il m'a fait asseoir, m'a offert un café, s'est enquis avec une sollicitude touchante de ma santé, de celle des miens, de l'état de mes affaires. Il a évoqué avec nostalgie le souvenir de mon père, dont il se disait l'ami. Puis, il a poussé vers moi un cendrier, un magnifique cendrier de cuivre ouvragé, en me priant d'y déposer les cendres de ma cigarette.

— C'est un cadeau que m'a fait un ami, dit-il avec un sourire. Un homme qui, comme vous, avait besoin d'un permis de construire.

Je regardai le cendrier. Il était d'une beauté remarquable. Je compris que je devais, moi aussi, offrir un cadeau à cet homme si courtois. Non pas un cendrier, bien sûr, ce qui aurait pu paraître une imitation grossière. Mais quelque chose d'aussi précieux, d'une valeur au moins équivalente. Le permis me fut délivré le lendemain, sans autre formalité. »

 

Questions :

 

1. Analysez comment l'auteur montre que l'individu est écrasé par le poids des symboles et des attentes collectives.

2. Montrez en quoi la figure de Tombeza sert de métaphore à l'échec des espoirs et des idéaux post-coloniaux.

3. Quelles sont, selon vous, les conséquences de la corruption généralisée sur le développement économique et sur le sentiment de justice sociale ?

 

آخر تعديل: الأحد، 30 نوفمبر 2025، 11:16 AM