ean Jacques Rousseau

« Renoncer à sa liberté.

C'est renoncer à sa qualité d'homme »

Quand on parle de Jean-Jacques Rousseau, on pense forcément à son célèbre ouvrage Du Contrat social, dans lequel il revient sur le pacte social qui doit régir les rapports entre le gouvernant et le gouverné, en en définissant pour chacun ses droits et ses devoirs. Il y revient souvent sur le principe de liberté. Il décrit les conditions qui doivent se réunir pour qu’une société soit juste et égalitaire. Cette liberté, ce bonheur originel, cette ‘’utopie’’ est appelée (le Contrat social) : les hommes sont libres et égaux, le peuple est souverain et garde toujours l’autorité suprême « la loi naturelle veut que les hommes soient libres ». Pour rendre possible la vie en société, les hommes acceptent de renoncer à une partie de leur liberté, par les lois qui expriment la Volonté générale : « le peuple a le droit et même le devoir de refuser la tyrannie ».

Cette œuvre est devenue une référence incontournable. Elle va poser les jalons de la démocratie en France, dont voici un petit extrait :

«Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout […] À l'instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d'association produit un corps moral et collectif, composé d'autant de membres que l'assemblée a de voix, lequel reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté. »

L’idée directrice dans le Contrat social est l’opposition entre intérêt général et intérêt particulier. Dans ce sens que l’intérêt général selon Rousseau « ne saurait être obtenu, ni les liens sociaux subsister, sans que l’intérêt personnel ne s’efface devant la loi », comme en témoignent ses propos dans le passage ci-dessous :

« S’il n’est pas impossible qu’une volonté particulière s’accorde sur quelque point avec la volonté générale, il est impossible au moins que cet accord soit durable et constant; car la volonté particulière tend, par sa nature, aux préférences, et la volonté générale à l’égalité. Il est plus impossible encore qu’on ait un garant de cet accord, quand même il devrait toujours exister; ce ne serait pas un effet de l’art, mais du hasard. Le souverain peut bien dire: «Je veux actuellement ce que veut un tel homme, ou du moins ce qu’il dit vouloir»; mais il ne peut pas dire: «Ce que cet homme voudra demain, je le voudrai encore», puisqu’il est absurde que la volonté se donne des chaînes pour l’avenir, et puisqu’il ne dépend d’aucune volonté de consentir à rien de contraire au bien de l’être qui veut. Si donc le peuple promet simplement d’obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualité de peuple; à l’instant qu’il y a un maître, il n’y a plus de souverain, et dès lors le corps politique est détruit»

آخر تعديل: الخميس، 11 ديسمبر 2025، 9:56 AM