3. Macro, oligoéléments et carence engendrée par le pH-redox
du sol
Le terme « pH-redox » est la contraction utilisée pour designer le
couple pH-potentiel redox. Si le pH est une notion couramment
utilisée en agronomie, le potentiel redox l’est moins. Sa valeur
permet de caractériser la « concentration » en électron dans un
milieu : dans la nature, elle varie entre +1000 mV et -1000 mV.
Dans le sol, les conditions de pH et de redox influencent
notamment l’état d’oxydation des éléments minéraux : en fonction
des conditions du milieu, ces éléments évoluent vers une forme
réduite ou (plus ou moins) oxydée. La compréhension de ce
mécanisme est primordiale puisque la plante a seulement la
capacité de prélever facilement les éléments sous leur forme
réduite. Dans le cas contraire, les risques de carence augmentent
même si l’élément considéré est présent en quantité suffisante.
À titre d’illustration, prenons l’exemple du manganèse. Le
diagramme ci-contre (appelé « diagramme de Pourbaix ») montre
les formes (oxydées ou réduite) du manganèse en fonction des
valeurs du pH et du potentiel redox. La zone délimitée par le trait
marron désigne les conditions de milleu habituellement rencontrées
dans le sol.
Au niveau du point 1, le manganèse est sous sa
forme réduite, accessible pour la plante. Si le
potentiel redox augmente à cause, par exemple,
de pratiques culturales « déséquilibrantes »
(traitement phytosanitaire, travail du sol,…), le
manganèse évolue alors vers une forme oxydée
(non utilisable par la plante) (point 2). Les risques
de carence pour la plante augmentent alors
sensiblement.