Chapitre 1:

Analyses physico chimiques

1) DEFINITION DE L'ANALYSE ENVIRONNEMENTALE

Pour définir l'analyse environnementale, il faut tenir compte de deux systèmes qui interagissent l'un sur l'autre.

1 - LE SYSTEME ANTHROPIQUE (SA) Il est relatif à l'homme, à son existence ainsi qu'aux activités qu'il génère. Ce sont essentiellement:

- L'activité de production

- L'activité de transformation

- L'activité de consommation 9

-L'activité d'élimination

2 - LE SYSTEME ENVIRONNEMENTAL (SE) Il est constitué par tous les milieux naturels qui constituent l'environnement dans lequel vit et existe l'homme. Ce sont:

- Les milieux physiques

- Les milieux vivants

- L'écosystème

- L'environnement sonore

- L'environnement visuel

- L'environnement socioculturel

2) LES OBJECTIFS D'UNE ANALYSE ENVIRONNEMENTALE

1 - ETUDE DE L'ETAT DU SYSTEME ENVIRONNEMENTAL DE L'ENTREPRISE

– Évaluation de l’état du système environnemental à un moment donné

2- IMPACT DU SYSTEME ANTHROPIQUE SUR LE SYSTEME ENVIRONNEMENTAL

3 -RISQUE D'ACCIDENT LIE AU SYSTEME ANTHROPIQUE

- Réduire les risques liés au système anthropique

4 -ACTION ENVIRONNEMENTALE SUR UN SYSTEME ANTHROPIQUE OU SUR UN SYSTEME ENVIRONNEMENTAL

La pertinence est un outil d'aide à la décision qui permet de savoir si les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés sont suffisants d'une part et quels sont les moyens à mettre en œuvre le cas échéant d'autre part.

L'efficacité permet de faire le contrôle de la gestion en se posant la question qui est de savoir si les résultats correspondent aux objectifs fixés.

L'efficience va permettre d 'évaluer la politique environnementale en se demandant si les résultats obtenus sont satisfaisants compte tenu des moyens qui auront été mis en œuvre.

3) Les matières à analysées

A/L’eau

L'eau est une substance chimique constituée de molécules H₂O. Ce composé est très stable et néanmoins très réactif, et l'eau liquide est aussi un excellent solvant. Dans de nombreux contextes, le terme eau est employé au sens restreint d'eau à l'état liquide, ou pour désigner une solution aqueuse dilué.

A1/Les différents milieux aquatiques

A.1.1 Le torrent : Un torrent est un cours d'eau élémentaire de montagne au débit irrégulier. Il peut être de taille très variable

Fig : Le Torrent



A.1.2/Le fleuve

Fleuve est un mot pouvant sembler ambigu en français, où il désigne : un cours d'eau se jetant dans une mer ou un océan ; un cours d'eau important aboutissant dans un désert, comme le Tarim, « le plus long « fleuve intérieur » du monde » ou l'Okavango 

FIG / Un fleuve

A.1.3/La rivière

En hydrographie, une rivière est un cours d'eau au débit moyen à modéré (supérieur à 2 m3/s), recevant des affluents et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve

FIG/ Une rivière

A.1.4/ L'estuaire

Un estuaire est la portion de l'embouchure d'un fleuve où l'effet de la mer ou de l'océan dans lequel il se jette est perceptible.

 

A.1.5/Les eaux souterraines

Les eaux souterraines sont toutes les eaux se trouvant sous la surface du sol, dans la zone de saturation et en contact direct avec le sol ou le sous-sol. En tant que ressource naturelle vitale et plus ou moins renouvelable et parfois transfrontalières, 

FIG/ Eau souterraines

A.1.6/ les zones humides 

Selon le code de l'environnement, les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année

FIG/ Zone humide

A.2/ Analyses de l'eau 

Les études de qualité des eaux naturelles comportent trois étapes :

-l'échantillonnage,

-l'analyse,

-l'interprétation.

a) L'échantillonnage.

L'échantillonnage est primordial car il conditionne la pertinence de l'analyse. Il doit être de qualité mais également représentatif de ce que l'on veut analyser.

Les échantillons d'eau doivent être prélevés dans des récipients propres, rincés plusieurs fois avec l'eau à analyser, puis fermés hermétiquement sans laisser de bulles d'air dans le flacon.

Matériau de flaconnage

La nature du matériau du récipient de prélèvement est importante, car celui-ci ne doit pas entrer en réaction avec l'eau à analyser => Passage en solution d'éléments chimiques entrant dans la composition du flacon ou fixation de certains ions de l'eau sur les parois du récipient… Le matériau idéal n'existe pas et l'emploi de tel produit plutôt que tel autre dépend de la nature des éléments à doser :

- le quartz est le matériau le plus adapté pour la bonne conservation des échantillons mais s'avère très fragile ;

- le verre et le Pyrex peuvent être employés sans problème pour le dosage des ions majeurs. Cependant des oligo-éléments peuvent passer en solution dans l'eau (silice du verre et bore du Pyrex) ;

- le polyéthylène est souvent recommandé pour tout échantillonnage, surtout pour les prélèvements en vue de mesures d'éléments radioactifs. Relativement poreux vis-à-vis des gaz, on lui préfère cependant le verre pour le prélèvement et la conservation des eaux fortement chargées en gaz (la diffusion est cependant assez lente).

- les sachets de prélèvement en polyvinyle présentent l'avantage de ne servir qu'une seule fois, mai ils ont l'inconvénient de libérer du chlore si ces sachets restent trop longtemps exposés à la lumière.

Représentativité des échantillons

- Puits et forages

Un prélèvement effectué sur une eau ayant longtemps stagné n'est pas représentatif de la nappe. En effet, l'eau a subi l'influence du matériau de tubage et des éléments extérieurs (pollution, pluie…).

Pour obtenir un échantillon moyen de l'horizon capté, il est nécessaire de pomper suffisamment longtemps pour renouveler l'eau contenue dans le tubage / cuvelage. Si l'ouvrage capte plusieurs horizons aquifères, l'échantillon sera un mélange des différentes eaux, dont les proportions sont directement liées aux transmissivités des différents niveaux. Pour obtenir des échantillons ponctuels à différentes profondeurs, il est possible d'utiliser des récipients lestés et munis d'un système de fermeture actionnable depuis la surface (hydrocapteurs).

Pour limiter le brassage de l'eau lors de la prise d'échantillon, il est recommandé d'utiliser des hydrocapteurs dont le diamètre est très inférieur à celui du forage et de les manipuler avec une extrême lenteur. L'utilisation d'hydrocapteurs descendus en positions ouverte permet de les rincer au fur et à mesure de leur descente.

-Eaux superficielles

Les prélèvements doivent être effectués de façon à éviter au maximum les effets de bords (oxygénation trop très de la surface, mise en suspension des matières solides trop près du fond, eau stagnante trop près des rives…). Il peut être nécessaire de constituer un échantillon " moyen " en mêlant plusieurs prélèvements effectués en divers points d'une section de rivière, afin de mieux connaître la chimie moyenne de l'eau sur un section donnée. En revanche, il est indispensable d'effectuer différents prélèvements dans l'espace et dans le temps et de les traiter séparément pour étudier le fonctionnement d'une mare.



Mesures in situ

La température, le pH, la conductivité, l'alcalinité et l'oxygène dissous doivent être mesurés in situ. En effet, ces paramètres sont très sensibles aux conditions de milieu et susceptible de varier dans des proportions importantes s'ils ne sont pas mesurés sur site.

L'idéal est d'effectuer les mesures en continu (sauf l'alcalinité qui se mesure par titration), en plein courant s'il s'agit d'une rivière, ou dans un seau placé au refoulement de la pompe s'il s'agit d'eau souterraine. Il faut veiller à ne pas aérer l'eau (risque de précipitation d'éléments en solution, oxygénation…).

Eléments d'interprétation

- Eaux souterraines

La caractérisation des eaux souterraines concerne essentiellement l'analyse des paramètres de base (pH, température et conductivité) des ions majeurs et d'éventuels éléments traces. Les analyses des isotopes ne sont pas évoquées ici. La conductivité, la température et le pH permettent de définir les caractéristiques fondamentales de l'eau. La recherche des contrastes de ces paramètres entre différents points de mesures facilite la mise en évidence de zones d'alimentation, de pollution ou de géologie différente.

Eaux de surface.

Le pH, la conductivité, l'oxygène dissous, la température et la turbidité sont mesurés in situ. Ils permettent une première estimation de la qualité du milieu. Les phosphates, l'ammoniac, les nitrates et le fer permettent d'apprécier l'impact de rejets polluants. Les analyses bactériologiques confirment, en général, la pollution microbienne de ces eaux de surface et permettent d'en fixer l'importance. Les indices biologiques sont surtout intéressants pour les eaux courantes. Les périodes et les stations d'études doivent être choisies pour cerner au mieux la variabilité spatiale et temporelle de la qualité du milieu (cf. paragraphe relatif à l'échantillonnage).

Normes à respecter

Le Règlement prévoit des normes qui assurent une eau de consommation humaine adéquate.

1 Normes bactériologiques

L’eau doit être exempte d’organismes pathogènes et d’organismes indicateurs d’une contamination fécale, tels les bactéries coliformes fécales, les bactéries Escherichia coli, les bactéries entérocoques et les virus coliphages F-spécifiques.

L’eau ne doit pas contenir plus de 10 bactéries coliformes totales par 100 millilitres d’eau prélevée, lorsqu’on utilise une technique permettant de faire le dénombrement.

À chaque période de 30 jours consécutifs, au moins 90 % des échantillons doivent être exempts de bactéries coliformes totales.



2 Normes physico-chimiques

Vingt et une substances inorganiques et 49 substances organiques font l’objet de normes de qualité.

Normes relatives au traitement

En ce qui concerne les eaux de surface, il faut s’assurer que les traitements éliminent au moins 99,99 % des virus, 99,9 % des kystes de Giardia et 99,9 % des oocystes de Cryptosporidium. La turbidité ne doit pas dépasser 0,3 UTN dans plus de 5 % des mesures inscrites durant 30 jours consécutifs à la sortie de chaque filtre précédé d’une coagulation. Aucun de ces échantillons ne doit dépasser 1 UTN.

Dans une installation appliquant une désinfection au chlore, le chlore résiduel libre doit être supérieur ou égal à 0,3 mg/l à la sortie du traitement et la désinfection doit permettre d’atteindre une efficacité d’élimination des microorganismes conforme aux exigences applicables.

Dans une installation appliquant une chloramination, la concentration minimale de chloramines est de 1 mg/l à l'entrée et la chloramination doit permettre d’atteindre une efficacité d’élimination des microorganismes conforme aux exigences applicables.

D/ Analyse des Sédiments

Def : Un sédiment est un ensemble de particules en suspension dans l'eau, l'atmosphère ou la glace et qui a fini par se déposer sous l'effet de la pesanteur, souvent en couches ou strates successives.

Origine et types de sédiments,

Les sédiments transportés par le vent, sont des minéraux issus de l'érosion des sols et des roches, des volcans, des embruns, des incendies. ... L'érosion des sols dégradés par l'agriculture et le lessivage des sols urbains sont une source croissante de sédiments dans les canaux.

On distingue la sédimentation marine (littorale ou côtière, océanique, bathyale, abyssale, etc.), la sédimentation lagunaire (dans des zones séparées de la mer par un cordon littoral), la sédimentation continentale (éolienne, fluviatile, deltaïque, lacustre, glaciaire, etc.).

Sédiments pollués

En aval des zones habitées, cultivées et/ou industrialisées, les sédiments des fleuves, des canaux, des gares d'eau, des estuaires et des littoraux ainsi que de certains lacs sont souvent très pollués. La pollution peut être ancienne (issue de mines médiévales ou antiques de métaux par exemple) et/ou récentes.


On parle parfois de « pollution de stock », qui peut (re)devenir une « pollution de flux » en période de crue, ou à la suite d'une méandrisation du cours d'eau ou à la suite de travaux contribuant directement ou indirectement (modification des courants) à leur remise en suspension.


Des sédiments peuvent aussi avoir été pollués directement par le rejet volontaire ou involontaire de déchets, et notamment en mer Baltique et sur le littoral français ou dans certains lacs par l'immersion volontaire de munitions, d'explosifs et de déchets divers. Le long des canaux, des dépôts de boues de curages peuvent parfois constituer des points de relarguage de pollution. Des valeurs guides ont été établies pour permettre une gestion plus sécurisée des sédiments pollué.



D.1Pratiques conseillées pour l’échantillonnage des sédiments dans les cours d’eau et les plans d’eau dans le cadre des analyses physico-chimiques

D.1.2./Sécurité et assurance qualité

D.1.2.1 Notions de sécurité:

L’échantillonnage doit être effectué par des agents formés aux prélèvements de sédiments en équipe de 2 personnes minimum. Les gestionnaires des ouvrages se trouvant proches des points de prélèvements devront être prévenus avant la campagne d’échantillonnage.

D.1.2.2 Assurance qualité:

Le personnel réalisant les opérations d’échantillonnage doit être formé et habilité. Le préleveur devra rendre au donneur d’ordre un rapport détaillant les conditions d’échantillonnage (coordonnées du site d’échantillonnage, date et heure de l’échantillonnage, indications des conditions météorologiques et hydrologiques, identité du ou des préleveur(s) et toute autre information jugée utile par le donneur d’ordre). La traçabilité documentaire des opérations d’échantillonnage doit être assurée à toutes les étapes de la préparation de la campagne jusqu’à la restitution des données.

2.2 Prévention de la contamination

Les matériaux utilisés lors de chaque étape de l’échantillonnage et du pré-traitement des sédiments (outil préleveur, contenants et cuillère pour homogénéisation, tamis, flaconnage,…) doivent être non contaminants vis à vis des substances à analyser .

Pour le sédiment destiné à l’analyse des métaux, le polyéthylène, le polypropylène ou le polystyrène cristal devront être utilisés à chaque étape ; dans le cas de prélèvement par benne ou carottier, il est nécessaire de procéder à un sous-échantillonnage afin de ne pas échantillonner le sédiment en contact de l’outil préleveur et ainsi limiter les risques de contamination.

D.2 Matériel d’échantillonnage

D.2.3Flaconnage :

Il est important de :

- ne pas utiliser de flacons en plastique si des phtalates sont à analyser dans l’échantillon. - utiliser des flacons à col large.

- tester les flacons en verre afin de s’assurer qu’ils ne cassent pas lors de la congélation.

- remplir à ras-bord les flacons dédiés à l’analyse de l’eau interstitielle et des contaminants volatils, afin de limiter au maximum l’oxydation de l’échantillon (NF EN ISO 5667-15, 2009).

- verre teinté pour les composés organiques traces et les mesures complémentaires de caractérisation du sédiment.

- polyéthylène, polypropylène ou polystyrène cristal pour les métaux. Tous les flaconnages sont fournis par le laboratoire au préleveur. Le laboratoire devra fournir des flacons « propres », testés au préalable afin de s’assurer de l’absence de contamination



D.2 L'outil préleveur:

Le choix de l’outil préleveur dépend de plusieurs paramètres tels que le type de sédiment ou la profondeur de l’eau.

L’outil doit préserver l’intégrité de la surface du sédiment et permettre de sous-échantillonner une épaisseur choisie.

- pour toutes les profondeurs on utilise un carottier manuel pour les faibles profondeurs ou mécanique pour les profondeurs plus importantes.

-remonter l’outil lentement afin de minimiser au maximum le lessivage du sédiment.

D.3.Méthodologie d’échantillonnage

D.3.1 Fréquence et période d'échantillonnage:

-L’échantillonnage annuel doit être réalisé en fin d’étiage, c’est-à-dire à la fin de l'été (août-septembre) pour les cours d'eau à régime pluvial et à la fin de l'hiver (février-mars) pour les cours d'eau à régime nival. Cela permet de maximiser les chances d’obtenir des sédiments fins.

-Ne jamais prélever après une augmentation du débit, à partir de vitesses de l’ordre de 50 cm/s (les particules fines étant transportées voire érodées).

D.3.2 Le site d’échantillonnage:

-Le site doit être localisé très précisément (coordonnées GPS) avant les tournées de prélèvement.

-L'accessibilité du site sur le long terme doit être vérifiée.

- Le site d’échantillonnage doit être situé assez loin d’un rejet de station d’épuration ou d’un affluent de rivière pour que le mélange soit effectif.

-La localisation des sites d’échantillonnage de sédiments est basée sur celle des sites d’échantillonnage d’eau.

D.3.3 Les points d’échantillonnage:

Afin d’obtenir un échantillon représentatif du site, on prélèvera plusieurs échantillons à chaque site. On recommande un minimum de 3 points, et plus si cela est nécessaire afin d’obtenir un volume de sédiment suffisant pour l’analyse, ceci en particulier dans le cas de la présence d’une très faible couche de sédiment fin sur le site.

D.3.4 Epaisseur de la couche de sédiment prélevée

Cours d’eau : une épaisseur de 5 cm maximum est prélevée.

Plan d’eau : seuls les 2 à 3 premiers centimètres sont prélevés. Cependant, cette épaisseur dépend de la fréquence d’échantillonnage (ici on considère les échantillonnages annuels) et du taux de sédimentation dans le cours d’eau ou le plan d’eau considéré.



D.3.5 Transport des échantillons:

Les échantillons doivent être réfrigérés lors du transport, à l'abri de la lumière et livrés au laboratoire dans les 24 heures suivant l’échantillonnage. Une température comprise entre 2 et 8°C est recommandée (NF EN ISO 5667-15, 2009).

D.3.6. Opérations à réaliser au laboratoire à réception des échantillons

Les échantillons doivent être pris en charge par le laboratoire dans les 24 heures suivant leur échantillonnage (NF EN ISO 5667-15, 2009).

Les échantillons sont dans un premier temps homogénéisés et sous-échantillonnés si besoin :

- le sédiment dédié à l’analyse de la granulométrie est sous-échantillonné séparément avant tamisage afin de réaliser cette analyse sur le sédiment brut. Il n’est pas réutilisable pour l’analyse des polluants.

- certains pré-traitements ou analyses doivent de préférence être effectuées dans les 24 heures suivant l’échantillonnage du sédiment : il s’agit de la mesure de l’azote organique, du carbone organique total (COT) ou de la filtration et de l’acidification de l’eau interstitielle (cas des sédiments prélevés en plan d’eau).

- le sédiment dédié à l’analyse des micropolluants organiques non volatils et celui dédié à l’analyse des métaux pourront être si besoin congelés, après vérification par le laboratoire de la période de conservation. La norme NF EN ISO 5667-15 (2009) sera consultée pour obtenir des informations relatives à la conservation des échantillons selon les paramètres à analyser.

D.3.6.1.Broyage et séchage

L’échantillon est séché suivant les pratiques du laboratoire, les normes analytiques en vigueur et les composés analysés : séchage à l’étuve à 40°C, lyophilisation,… (NF ISO 11464, 2006).

Le broyage de l’échantillon est ensuite réalisé. Cette étape doit être effectuée avec un outil non contaminant vis à vis des polluants analysés. Par exemple :

D.3.6.2 Les mesures complémentaires

D.3.6.2.1 Caractérisation du sédiment

Les paramètres à mesurer selon l’Arrêté du 25 janvier 2010 sont :

D.3.6.2 Mesures à effectuer pour la normalisation des résultats

Les résultats doivent être rendus en poids sec. La mesure du poids sec à 105°C de chaque échantillon devra donc être effectuée. Les mesures géochimiques à effectuer sur la fraction inf 2mm des sédiments pour la normalisation des résultats sont :













E/ Sols, boues et composts

A/ Le Sol

Def : Le sol est la couche la plus externe de la croûte terrestre résultant de l'interaction entre la lithosphère, l'atmosphère, l'hydrosphère et la biosphère. Il résulte de la transformation de la couche superficielle de la roche-mère, dégradée et enrichie en apports organiques par les processus vivants de pédogenèse.

Evaluation de la qualité des sols :

Pour que les indicateurs répondent de façon optimale aux besoins de l‘évaluation de la qualité des sols dans l‘espace et le temps, les auteurs proposent quatre critères de sélection :

-Les indicateurs de la qualité des sols doivent traduire les processus qui ont lieu au sein de l‘écosystème

- Ils doivent également intégrer des propriétés et des processus physiques, chimiques et biologiques et servir de base à l‘estimation de propriétés du sol ou de fonctions qu‘il est plus difficile de mesurer directement

-Etre sensibles aux variations anthropiques et naturelles sur le long terme

-Faire partie intégrante de bases de données existantes lorsque c‘est possible.

1. La qualité chimique des sols

La qualité chimique d‘un sol est contrôlée par des facteurs externes

- la situation géographique,

- le climat,

- les connections avec des écosystèmes voisins mais également par des facteurs internes

- l‘activité microbienne,

- relation entre les organismes qui régulent la disponibilité de la ressource chimique

Les propriétés chimiques d‘un sol conditionnent les processus biologiques qui s‘y déroulent.

L‘altération de cette qualité chimique peut donc perturber le fonctionnement biologique d‘un sol.

2. La qualité physique des sols

La qualité physique des sols est étroitement liée à la structure des sols, c'est-à-dire à la façon dont les constituants minéraux et organiques sont assemblés les uns par rapport aux autres. C‘est en effet dans ces différents vides que l‘eau et les gaz circulent ou sont stockés et que les êtres vivants peuvent se développer (Tessier et al., 1996).

3. La qualité biologique des sols

Les organismes du sol sont responsables, directement ou indirectement, de nombreuses fonctions clés du fonctionnement des sols.

Celles-ci incluent

B/Les boues

Def ; Les boues d'épuration des eaux usées urbaines résultent de l'épuration des eaux usées domestiques et industrielles non dangereuses, avant leur retour au milieu dans des conditions préservant la qualité des eaux environnementales.

De par la composition des eaux avant épuration, les boues qui résultent du processus contiennent des éléments présentant une valeur agronomique qui justifient l'utilisation de celles-ci en tant que matières fertilisantes, ou des éléments susceptibles de constituer un apport combustible dans les unités de génération ou de cogénération de thermies.

Néanmoins, en raison de l'origine des apports dans les réseaux de collecte d’eaux usées, les boues sont également susceptibles de contenir des substances incompatibles avec les usages agricoles.

Origine des boues :

Les boues de traitement des eaux primaire sont produites dans les bassins par simple décantation des Matières En Suspension (MES) organiques et minérales contenues dans les eaux usées. Jusqu'à 70 % des MES peuvent être retenues lors de cette étape de traitement des eaux usées, et donc se retrouver dans les boues. Avec l'évolution des procédés de traitement des eaux usées, ces boues tendent à diminuer de volume.

Les boues de traitement secondaire physico-chimique proviennent de l'agglomération des matières organiques particulaires ou colloïdales contenues dans les eaux usées, par addition d’un réactif coagulant (sels de fer ou d’aluminium) qui sont ensuite séparées par décantation. Jusqu'à 90 % des MES peuvent être retenues lors de cette étape de traitement des eaux usées, et donc se retrouver dans les boues. Ces boues contiennent une partie importante de sels minéraux issus des eaux brutes et de l’agent coagulant. Elles proviennent surtout des stations d'épuration situées dans des zones touristiques, qui doivent adapter les traitements aux fortes fluctuations de la population et donc du nombre d'Equivalent Habitant (EH) ; unité de base servant à dimensionner les filières de traitement.

Les boues de traitement secondaire biologique sont essentiellement composées des résidus de bactéries épuratrices “cultivées” dans les bassins d'épuration biologique aérobie des stations d'épuration. Elles sont retirées régulièrement, pour entretenir la dynamique de reproduction bactérienne dans ces bassins, où elles se nourrissent et digèrent la matière organique contenue dans les eaux usées. Ce traitement étant présent dans la majorité des stations d'épuration en France, elles représentent un volume conséquent des boues d'épuration. Depuis quelques années, dans certains cas, le clarificateur des boues activées est remplacé par une membrane d'ultrafiltration. La filtration se fait alors par passage de l’eau de l’extérieur vers l’intérieur de la membrane, soit par pression atmosphérique soit par pompes de succion. Ces bioréacteurs à membrane permettent de capter dans les boues la quasi-totalité des MES de l'eau ainsi traitée, mais aussi bactéries voire virus. Ces installations très contraignantes techniquement concernent surtout les collectivités ayant des contraintes fortes en termes de qualité de rejet des eaux et de protection du milieu naturel, voire d'emprise foncière.
Enfin, à ces boues s'ajoutent parfois des boues de traitement tertiaire des eaux usées : bactériologique, physico-chimique ou UV.

Qualité des boues et teneur en éléments-traces

Les boues sont de qualité variables selon la nature des eaux usées entrées en stations d'épuration. Leur nature est relativement stable en sortie d'une même station, à condition que le réseau de collecte en amont soit bien sécurisé. Leur teneur en matière organique font d'elles une matière secondaire très fertilisante. En même temps, elles sont très chargées en substances potentiellement dangereuses : composés organiques, métaux lourds, bactéries pathogènes. Il est admis que les boues piègent 90 % des métaux lourds présents dans les effluents urbains. Ce qui n'est pas sans susciter une certaine inquiétude quand il s'agit de les valoriser par épandage. Lors de la crise de la vache folle, elles furent analysées pour savoir si elles participaient à la transmission du prion ; résultat négatif de l'AFSSA.

C/ Compost

On appelle compost le produit du compostage de certains déchets. C'est-à-dire le produit de la fermentation des déchets organiques -- qu'ils soient agricoles ou urbains -- en présence d'oxygène et sous l'action combinées de bactéries, de champignons et autres micro-organismes. L'objectif étant d'en récupérer des éléments riches en minéraux et matière organique. Lorsqu'il est prêt à l'emploi, le compost ressemble à du terreau. Sa couleur est sombre. Il est léger et son odeur est celle d'un sous-bois.

Le compost est un amendement organique qui permet d'améliorer la fertilité du sol et de nourrir efficacement les plantes du jardin. Il est admis que 30 % de nos déchets ménagers du quotidien peuvent être transformés en compost. Et plus les éléments utilisés pour constituer un compost sont variés, plus ce dernier sera riche. Parmi les déchets qui peuvent s'y intégrer : les déchets de cuisine ou de jardin, mais aussi des boues d'épuration ou des effluents d'élevage voire des digestats de méthanisation.

L'analyse du compost permet de connaitre sa valeur agronomique. Elle informe sur la fertilisation à apporter pour réussir votre jardin potager ou d'agrément.

F/ Echantillons biologiques

Un échantillon biologique est une partie de votre organisme. Il peut s’agir de prélèvements de

sang et de ses composants (sérum, plasma, globules blancs), de tissus tumoraux ou de tissus

sains proches, d’urine, de salive ou de produits qui en sont dérivés (ADN, ARN, protéines).

F.1/ Prélèvements sanguins

Quantité: 5 mL de sang minimum. Toutefois, 10 mL sont requis pour l'analyse du mercure sanguin ou pour la détermination simultanée de la plombémie, des protoporphyrines liées au zinc, de la carboxyhémoglobine et de l’hémoglobine. 10mL sont aussi requis pour l’analyse du pentachlorophénol plasmatique.

Contenant : tube sous vide tel que spécifié pour chaque paramètre biologique

Identification : inscrire sur l’étiquette le nom du travailleur et apposer un numéro d’échantillon.

2/Prélèvements urinaires :

Quantité : 20 mL d’urine minimum, idéalement entre 50 et 100 mL. Pour les solvants volatils et le mercure, remplir les bouteilles au maximum afin de minimiser les pertes par évaporation.

Contenant : bouteille en polyéthylène Nalgène de 125 mL .

Identification : inscrire sur l’étiquette le nom du travailleur, la date de prélèvement, le moment du prélèvement et les analyses demandées.

3 .CONSERVATION ET ENVOI DES ÉCHANTILLONS BIOLOGIQUES:

Tous les échantillons biologiques doivent être conservés au réfrigérateur (4o C) en attendant leur envoi au laboratoire. Ils ne doivent pas être congelés. Une exception s’applique pour les échantillons de sang destinés à la préparation de plasma. Ces échantillons doivent être conservés à température ambiante sans être refroidi.

Pour assurer une meilleure préservation des spécimens biologiques, il est préférable de réfrigérer les boîtes de transport, incluant les échantillons, avant de les expédier et d’y joindre des sacs de glace réutilisables (ice-pak). Chaque boîte de transport contiendra les sacs de glace nécessaires. Cette précaution ne s’applique pas aux échantillons de sang destinés à la préparation de plasma. Les échantillons sont expédiés au Service à la clientèle - Laboratoires le plus rapidement possible, par messagerie ou par autobus, de préférence le matin en début de semaine afin que les échantillons ne passent pas la nuit ou la fin de semaine en transit.



G/ Echantillons atmosphériques

Les procédés et activités industriels, l’utilisation de combustibles et l’incinération de matières résiduelles constituent des sources d’émission de contaminants dans l’atmosphère. La caractérisation de leurs émissions atmosphériques permet notamment de vérifier leur conformité aux exigences de rejet prescrites dans la législation environnementale ou d’établir des mesures d’intervention en vue de leur réduction.

Il existe différentes méthodes d’échantillonnage pour mesurer des substances ou contaminants rejetés dans l’atmosphère. Il est possible de les classer, selon leur principe méthodologique, en deux catégories, soit les méthodes manuelles, généralement avec filtration, absorption ou adsorption, et les méthodes instrumentales.

D’une manière générale, les méthodes manuelles consistent à prélever un échantillon du flux gazeux et à le faire circuler à travers un filtre, des barboteurs ou des adsorbants solides destinés à retenir les substances ou contaminants d’intérêt, qui seront analysés ultérieurement en laboratoire. En mesurant le volume de gaz prélevé et en analysant les substances ou contaminants piégés dans la ligne de prélèvement pour en connaître la masse, il est possible d’obtenir leur concentration (par exemple, en mg/m3 R) dans l’effluent gazeux. La caractérisation des gaz (composition, teneur en humidité, température, vitesse et débit des gaz) permet d’évaluer les taux d’émission (par exemple, en g/s) des substances ou contaminants rejetés dans l’atmosphère.

Selon la nature gazeuse ou particulaire de la substance ou du contaminant à échantillonner, la technique de prélèvement sera différente. En effet, lorsque la substance ou le contaminant est solide ou liquide, l’échantillonnage doit se faire à la même vitesse que celle du flux gazeux au point de prélèvement afin d’éviter une discrimination de masse causée par l’inertie de la particule solide ou liquide. Il s’agit alors d’un prélèvement isocinétique.

Quant aux méthodes instrumentales, celles-ci consistent à prélever et à mesurer en temps réel un échantillon du flux gazeux pour déterminer la concentration des substances ou contaminants qui y sont présents. Les analyseurs de gaz permettent d’obtenir la mesure directement sur le site d’échantillonnage.

Echantillonnage:

Des éléments sont à considérer lors de la planification et de la préparation de l’échantillonnage afin d’assurer la qualité de l’échantillonnage et des résultats, notamment :

- les méthodes d’échantillonnage sont déterminées en fonction des paramètres et des substances ou contaminants à échantillonner, de la source émettrice et de l’objectif de la campagne (par exemple, vérification du respect d’une exigence réglementaire);

Après la réalisation de l’échantillonnage, les procédures de manipulation, d’identification, de conservation, de transport et d’analyse des échantillons sont importantes pour le maintien de leur intégrité ainsi que pour l’obtention de résultats de qualité.

Le programme permet de s’assurer que les échantillons sont conservés selon les conditions mentionnées dans les méthodes ou celles qui sont recommandées par les laboratoires d’analyse.

Les principaux objectifs requérant un échantillonnage des émissions atmosphériques sont :

- la vérification de la conformité environnementale;

Cette vérification peut être récurrente selon la fréquence spécifiée dans le règlement ou l’autorisation.

- l’évaluation ou la vérification de la performance d’un procédé ou d’un équipement;

Cette évaluation ou cette vérification nécessite un échantillonnage simultané en amont et en aval du procédé ou de l’équipement pour les substances ou contaminants concernés. Une vérification de la performance d’un procédé ou d’un équipement peut être exigée par la réglementation ou à la suite de sa mise en service ou de sa modification.

- la réalisation d’un suivi des émissions atmosphériques;

Ce suivi est étendu dans le temps. Il peut être exigé dans une autorisation ou à la suite d’une intervention environnementale.

- l’acquisition de connaissances sur les émissions atmosphériques.

Elle peut être effectuée dans le cadre d’une étude ou d’une recherche.