TP 4/ Les couleurs du sol
Un des critères morphologiques des
sols facilement accessible est sa couleur. Elle est appréciée aussi
bien lors d’un sondage à la tarière que sur la paroi d’une
fosse pédologique, en utilisant la Charte internationale des
couleurs Munsell® (Munsell Soil Color Chart). Chaque
couleur est identifiée par un code unique qui combine la teinte de
base, la clarté et la saturation.
La couleur est un
critère variable avec l’état d’humidité du sol. On la décrit
classiquement à l’état humide ; un sol sec sera au
préalable réhumidifié. Les couleurs sont relevées de préférence
à l’ombre, ou avec le soleil dans le dos. On donne la ou les
teinte(s) générale(s) de l’horizon ainsi que celle d’éventuelles
taches. www.sols-de
bretagnefr /
Voyons à travers quelques exemples, ce que nous indiquent les couleurs du sol :
• NOIR
La couleur
gris-noire est généralement associée à la présence de matières
organiques dans le sol. On observe très souvent un gradient
décroissant des teneurs en matières organiques le long des
profils de sol en lien avec les apports de qui s’effectuent à la
surface du sol (fumier, lisier, feuilles mortes, etc.). Dans des
conditions bien spécifiques, on peut également observer, en
profondeur, des horizons très riches en matière organique. C’est
le cas des sols tourbeux dans lesquels la saturation
permanente en eau du sol entraine une accumulation de matière
organique.
• BLANC
Elle est caractéristique d’une accumulation de sels dans le sol et est utile pour détecter des sols carbonatés ou salés.
• COULEURS VIVES
ASSOCIEES AU FER
Le fer est un des constituants déterminant
dans la couleur des sols. Selon la forme sous laquelle il se trouve
dans le sol, cet élément prend des couleurs contrastées et
différentes. Ainsi, en présence d’oxygène dans le milieu, on
trouve le fer sous sa forme oxydée, le fer ferrique Fe3+,
qui forme des taches dont la palette de couleurs est assez large (du
jaune-orangées au rouge-brun). Quand les êtres vivants du sol n’ont
plus assez d’oxygène à disposition, il arrive qu’ils utilisent
celui qui est fixé au fer. Ce dernier passe alors sous sa forme
réduite, le fer ferreux Fe2+, et prend alors des teintes
gris-vert.
L’observation de taches d’oxydation et/ou de
réduction dans un sol nous donne des indications sur la présence
d’engorgement en eau dans le sol. Lorsque le niveau de l’eau
monte et qu’elle stagne dans un sol, l’oxygène se fait de plus
en plus rare, le fer passe de son état oxydé à son état réduit.
Il y a donc un changement de couleur du fer dans ce sol. De plus,
sous forme réduite, le fer devient mobile et se redistribue dans les
horizons. Dans ces contextes d’engorgement par l’eau, des
éléments comme le manganèse peuvent se lier au fer et former des
nodules ferro-manganiques qui sont de petits volumes généralement
arrondis.
• COULEURS PALES
Elles
traduisent des phénomènes d’appauvrissement du sol en certains
éléments colorants tels que le fer ou les argiles. En effet,
nous avons vu que sous forme réduite le fer devient mobile. Il peut
alors migrer dans le profil et s’accumuler à un autre endroit
(transport vertical, latéral). Des phénomènes de migration
d’argile associée au fer peuvent également se produire, depuis
des horizons « éluviaux », qui s’appauvrissent, vers des
horizons « illuviaux », d’accumulation. Ce processus est appelé
lessivage.
Des couleurs pâles s’observent également dans des
sols qui se développent sur une roche pauvre en fer (ex. : des
argiles blanches).
Les sols présentent donc une grande diversité de couleurs dont l’étude nous permet de formuler des hypothèses sur leur composition et leur fonctionnement. Certaines sont héritées de la roche mère (par exemple, le calcaire peut colorer le sol en blanc), d’autres résultent de mécanismes complexes qui se déroulent au cours de la vie du sol.