B) Autres caractéristiques démographiques d’une population
a) Taux de natalité : rapport du nombre de naissances vivantes de l'année à la population totale
moyenne de l'année. Dépend entre autres des ressources du milieu (nourriture, abris), de la densité,
et de la santé de la population (maladie, parasite).
b) Taux de mortalité : rapport du nombre de morts de l'année à la population totale moyenne de
l'année. Dépend entre autres des prédateurs, du climat, et de la santé de la population.
c) Taux d’émigration : rapport du nombre d’émigrants (animaux quittant la population) à la
population totale moyenne de l'année.
d) Taux d’immigration : rapport du nombre d’immigrants (animaux rejoignant la pop) à la population
totale moyenne de l'année.
e) Sex-ratio : Rapport nb de mâles / nb de femelles. Dépend de la différence selon le sexe de la
natalité et/ou de la mortalité.
f) Structure d’âge (pyramide des âges) : dépend de la mortalité différentielle en fonction du temps ou
de l’âge.
Exemple : Population Mondiale et Religions
Selon une etude récente de The Pew Forum (lorsque la population mondiale n’était que de 6,9
milliards en 2010), il y aurait :
2 173 180 000 Chrétiens (31% de la population mondiale), dont 50% de catholiques, 37% de
protestants, 12% d’orthodoxes et 1% d’autres courants.
1 598 510 000 Musulmans (23%), dont 87 à 90% de sunnites et entre 10 et 13% de chiites.
1 126 500 000 Personnes sans affiliation religieuse (16%) : athées, agnostiques et les personnes ne
s’identifiant à aucune religion particulière. Une personne sur cinq aux Etats-Unis est sans affiliation
religieuse.
1 033 080 000 Hindous (15%), la majorité (94%) se trouvant en Inde.
487 540 000 Bouddhistes (7%), dont la moitié vit en Chine.
405 120 000 Religieux Populaires (6%) : culte étroitement liés a un groupe ethnique ou tribu..
58 110 000 Autre mouvements religieux (1%) : Bahaïsme, Taoïsme, Jaïnisme, Shintoïsme, Sikhisme,
Tenrikyō, Wicca, Zoroastrisme parmi d’autres.
13 850 000 Juifs (0,2%) dont les quatre tiers vivent aux Etats-Unis (41%) et en Israël (41%).
3) Loi de croissance
A) Croissance en absence des facteurs limitant
Si on place une population dans un milieu stable on a éliminé artificiellement tout facteur
limitant, les effectifs de cette population vont croire indéfiniment selon une loi exponentielle en
fonction du temps.
Si No est l'effectif de la population au temps to, Nt le nombre d'individus au temps t, r le taux
d'accroissement naturel propre à l'espèce (taux intrinsèque d'accroissement) et e, l'exponentielle, on
a pour cette population la relation :
Nt = No. ert
Cette fonction donne une courbe exponentielle en forme de J.
Le taux intrinsèque d'accroissement naturel r est conditionné par la natalité et la mortalité.
Si b est le taux intrinsèque de natalité et m le taux intrinsèque de mortalité, on a
r = b-m.
Exemple : Soit une population dont le taux de natalité annuelle b est de 30 % et un taux de
mortalité m de 10 %. Le taux de croissance annuelle de cette population r est : = 0.02= 2%
Une population s'accroît lorsque r est positif et l'accroissement prévu I se calcule en multipliant le
taux de croissance naturelle par l'effectif actuel N de la population
I = r N
B) Croissance en présence des facteurs limitant
Dans une population naturelle, les facteurs limitant, propres au milieu (facteurs extrinsèques) ne
manquent jamais. Ils diminuent la natalité et augmentent la mortalité.
Ces facteurs traduisent aussi, la résistance du milieu qui s'oppose à l'accroissement des effectifs,
lorsque la population devient nombreuse. Les facteurs intrinsèques, propres à l'espèce considérée et
les facteurs intrinsèques liés au milieu, combinent leurs effets pour ajuster les effectifs à une valeur
donnée.
Dans un milieu aux ressources limitées, la croissance d'une population, ne peut être pendant
longtemps de nature exponentielle, car la résistance que lui offre ce milieu se manifeste de façon
plus intense que les densités sont plus fortes.
C) Répartitions spatiales et temporelles des populations
1- Répartition temporelle des populations
Dans les populations naturelles, les fluctuations d’effectifs constituent une règle absolue dans des
périodes de temps courtes. Selon que les conditions climatiques, l’alimentation seront plus ou moins
favorables, le taux de croissance des effectifs sera positif ou négatif.
1-1- Notion de prévisibilité du milieu
Quand le milieu est variable dans le temps, il est essentiel de distinguer ce qui est régulier et rythmé
(alternance jour nuit, saisons) et ce qui est irrégulier donc imprévisible. La vulnérabilité des
organismes est beaucoup plus importante dans le deuxième cas. Cela permet de classer les différents
types de milieu en fonction de leur prévisibilité et de la durée de vie des individus de la population
en trois catégories :
-- les milieux prévisibles occupés par des espèces à durée de vie longue,
-- des milieux imprévisibles occupés par des espèces à durée de vie longue et
-- des milieux imprévisibles occupés par des espèces à durée de vie courte (le milieu devient alors
prévisible car il ne change pas pendant la durée de vie des individus).
1-2- Populations stables et populations cycliques
On désigne sous le terme de populations stables, les populations naturelles qui présentent des
oscillations de faible amplitude autour d’une valeur moyenne.
Elles caractérisent généralement des espèces de grande taille où les facteurs biotiques
sont contraignants.
Exemple : populations d’arbres dominants dans une forêt primitive ou le cheptel ovin en Tasmanie
. Ces populations sont appelées logistiques. La majorité des espèces animales, mais aussi de
nombreuses espèces végétales herbacées présentent des variations cycliques de leurs effectifs.
Les fluctuations peuvent être saisonnières (cas des Copépodes), annuelles (Thrips du Rosier),
pluriannuelles ou acycliques. Ce sont des espèces opportunistes.
2- Répartition spatiale des populations
Il est rarissime que les individus constituant une population naturelle soient répartis de façon
régulière à la surface de leur biotope, sauf pour les plantes cultivées. Les espèces végétales sont
généralement réparties au hasard, alors que les populations animales ont une distribution en
agrégats.
2-1- La notion d’hétérogénéité du milieu
Les milieux naturels ne sont ni uniformes dans l’espace, ni dans le temps. Soit un espace composé
d’une multitude d’éléments distribués au hasard. Ces éléments diffèrent en fonction des caractères
abiotiques et biotiques. Si l’on se place du point de vue de la population, il existe trois utilisations
possibles du milieu :
- cas A : une utilisation indifférenciée, opportuniste par l’ensemble des individus de la population.
C’est une espèce généraliste composée d’individus généralistes.
- cas B : une utilisation globale indifférenciée de la population, mais avec spécialisation des individus
car chaque individu n’exploite qu’un type de ressource. C’est une espèce néraliste composée
d’individus spécialisés.
- cas C : une utilisation sélective du milieu par l’ensemble de la population. C’est une espèce
spécialiste.