4. Régulation de la taille des populations
Deux cas peuvent se présenter : une régulation à l’intérieur même de la population (régulation
intraspécifique) et une régulation entre populations car elles ne sont pas isolées (régulation
interspécifique).
A- Régulation intraspécifique des populations
Comme déjà souligné, les populations naturelles ont des effectifs stables, généralement autour de la
capacité limite du milieu. Elles varient très rarement au delà d’un facteur 10. Il est assez évident que
la régulation des effectifs de toute espèce vivante est le fait de facteurs antagonistes qui tamponnent
dans un sens ou dans l’autre les variations. De plus, les individus n’étant pas identiques
génétiquement, ils ne réagissent pas de la même façon, ce qui fait que pour chaque variation d’un
facteur écologique, il y aura une variété de réactions. Pour interpréter la cause des variations
d’effectifs d’une population au cours du temps, il est nécessaire de comprendre comment les taux de
natalité et de mortalité sont affectés. Il faut donc expliquer comment interviennent les mécanismes
qui ralentissent la diminution des effectifs quand les conditions deviennent défavorables, ou qui
provoquent leur accroissement quand les conditions sont favorables. Il existe des facteurs de
régulation intrinsèques et des facteurs de régulation extrinsèques. Les facteurs intrinsèques tendent
à favoriser la croissance des populations. Les facteurs extrinsèques propres à l’environnement de
chaque espèce, exercent selon leur intensité des effets négatifs ou positifs sur les populations. C’est
de l’interaction entre ces facteurs que dépend la densité et la stabilité des effectifs.
Il résulte de l’ensemble des recherches effectuées que deux grands types de mécanismes régulateurs
se rencontrent dans la nature. Dans les systèmes écologiques peu évolués, la régulation des effectifs
des populations est effectuée par des facteurs physico-chimiques. Dans les écosystèmes évolués, le
contrôle des populations est assuré par les facteurs biotiques.
Il est d’autre part, toujours possible de répartir les facteurs écologiques entre les facteurs
indépendants de la densité et les facteurs qui dépendent de la densité. Les facteurs indépendants de
la densité doivent leur nom au fait que leur action que les êtres vivants est totalement
indépendantes de la densité des effectifs des populations de l’espèce pour laquelle ils constituent
des facteurs limitants. Les facteurs dépendants de la densité exercent une action directement liée
aux densités des populations atteintes.
1- Facteurs indépendants de la densité
Ce sont généralement des facteurs abiotiques. Les facteurs climatiques peuvent jouer un rôle
primordial dans les fluctuations d’abondances des espèces. Il en est de même pour divers autres
facteurs physico-chimiques propres aux écosystèmes aquatiques : vitesse du courant (phénomène de
crue). Les facteurs indépendants de la densité exercent en général une action catastrophique sur les
populations végétales et animales. Ils interviennent de façon occasionnelle, dans des conditions
limites lorsqu’ils atteignent des valeurs extrêmes dont résultent des mortalités considérables.