Chapitre IV- Interaction au sein de la composante biotique de la biocénose

Dans quasiment tous les écosystèmes, les êtres vivants les plus importants quantitativement, mais aussi qualitativement sont généralement les végétaux.

Or, ceux-ci se livrent en général une concurrence acharnée. Cette concurrence s'effectue à la fois entre les membres d'une même espèce, ce qu'on appelle la compétition intraspécifique, et entre membres d'espèces différentes, c'est la compétition interspécifique. Cette compétition entre les plantes concerne essentiellement la lumière et l'eau.
Cependant, la compétition existe au niveau de toutes les espèces, car les ressources d'un écosystème sont forcément limitées.

1) Compétition interspécifique

- La compétition se manifeste dans deux circonstances: (a) lorsque des individus, appartenant des espèces différentes, recherchent et exploitent la même ressource (nourriture, abris, site de nidification…) qui est présente en quantité limitée; (b) ou bien, si ces ressources ne sont pas en quantité limitée, lorsque les organismes en concurrence se nuisent. Elle peut être directe (par interférence) ou indirecte (par exploitation).

- La compétition interspécifique se produit le plus souvent entre espèces voisines appartenant à un même niveau trophique.

- Mais elle peut aussi exister entre espèces éloignées

2) La compétition intraspécifique

La compétition intraspécifique se manifeste entre les individus d’une même espèce lorsque les ressources exploitées (nourriture, abris, site de nidification…) sont en quantité limitée, ce qui est souvent le cas; ou lorsque ces ressources ne sont pas en quantité limitée mais que les organismes en concurrence se nuisent.

La compétition intraspécifique peut intervenir pour de très faibles densités de population.

Un autre exemple d'interaction concerne ce qu'on appelle l'exploitationElle est exercée par les consommateurs et revient à dire que ceux-ci « exploitent » d'autres organismes pour leur subsistance.
Elle est séparée en deux grands types. Le premier est la prédation qui est tout simplement le fait qu'un organisme en tue un autre, le plus souvent pour se nourrir (ou pour nourrir sa descendance). Un autre type d'exploitation existe cependant : le parasitisme. Il s'agit de l'association d'un organisme avec un autre, le parasite étant généralement beaucoup plus petit que l'organisme qu'il exploite, son hôte, et vivant à son contact voire à l'intérieur de lui. La particularité du parasite par rapport au prédateur est qu'il ne tue pas son hôte directement, mais lui prélève des ressources, comme du sang par exemple, généralement sur la durée.

3) La niche écologique : est un des concepts théoriques de l'écologie. Il traduit à la fois : la « position » occupée par un organisme, une population ou plus généralement une espèce dans un écosystème, la somme des conditions nécessaires à une population viable de cet organisme.

La description d'une telle « niche » (ou « enveloppe écologique ») se fait sur la base de deux types de paramètres : des paramètres physico-chimiques caractérisant les milieux où évolue l'organisme (et parfois significativement modifiés par cet organisme). des paramètres biologiques, incluant les relations avec les espèces avoisinantes et la modification de l'habitat par l'organisme et la communauté d'espèces dans laquelle il s'inscrit (interactions durables).

Deux espèces de lichens ; l'une verte (à gauche) et l'autre orange (à droite) cohabitent sur ce rocher dans deux niches écologiques différentes, résultant des conditions d'exposition et d'hygrométrie.

On distingue deux sortes de niches :

Niche fondamentale : elle réunit tous les composants et toutes les conditions environnementales nécessaires à l'existence d'un organisme.

Niche réalisée : elle est souvent comprise dans la niche fondamentale, réduite à l'espace qu'elle est contrainte d'occuper, du fait des compétitions avec les autres espèces effectivement présentes dans un espace donné.

Deux espèces (mousses et lichens) cohabitent sur le même tronc, mais dans deux niches écologiques distinctes, notamment induites par l'élévation et l'hygrométrie.

Diverses espèces de mousses et lichens épiphytes cohabitent dans ce qui semble être une même niche écologique, en situation de concurrence, ou de complémentarité, dans un équilibre dynamique, avec des variations saisonnières d'abondance et de vitalité.