Les Oomycètes (Oomycota)

Les Oomycètes sont des mycètes “parfaits” au sens classique, capables de réaliser une reproduction sexuée.
Ils se distinguent cependant des véritables champignons par plusieurs caractères morphologiques et biochimiques, ce qui les place aujourd’hui dans le groupe des Straménopiles (Chromistes), aux côtés des diatomées et des algues brunes.

1. Morphologie et structure cellulaire

Les Oomycètes possèdent un thalle primitif siphonné (non cloisonné), généralement filamenteux et rampant, fixé au substrat par des rhizoïdes.
Ils se développent principalement en milieu aquatique ou dans les sols très humides, où ils jouent un rôle actif dans la décomposition ou le parasitisme.

Leur paroi cellulaire diffère de celle des véritables champignons :
elle est constituée de cellulose et de β-glucanes, et ne contient pas de chitine, un critère important de distinction avec les Eumycètes.
Leur cytoplasme est multinucleé, et leur thalle peut présenter des formes variées selon le mode de vie (saprophyte ou parasite).

2. Reproduction asexuée

La reproduction asexuée des Oomycètes s’effectue par la formation de zoospores, cellules mobiles dépourvues de paroi et munies de deux flagelles dissemblables :

·        un flagelle lisse (whiplash) orienté vers l’arrière,

·        un flagelle orné de poils fins (tinsel) orienté vers l’avant.

Ces deux flagelles assurent la mobilité de la zoospore dans l’eau.
Ces spores mobiles sont appelées planospores, et elles se forment à l’intérieur de sporangia (sporocystes asexués).

Après leur libération, les zoospores nagent un certain temps avant de se fixer sur un substrat, où elles germent pour donner naissance à un nouveau thalle diploïde siphonné portant à son tour des sporocystes.

3. Reproduction sexuée

La reproduction sexuée est de type oogamique, c’est-à-dire qu’elle implique la fusion de deux gamètes de tailles différentes produits dans des structures spécialisées :

·        le gamétange mâle, appelé spermatocyste (ou anthéridie),

·        le gamétange femelle, appelé oogone.

La fécondation se déroule à l’intérieur de l’oogone, sans libération des gamètes dans le milieu.
Le spermatocyste émet un ou plusieurs tubes de fécondation à travers lesquels le noyau mâle migre pour fusionner avec le noyau femelle.
Cette fusion forme une oospore, cellule diploïde de résistance, à paroi épaisse, souvent capable de survivre à des conditions défavorables.

Lors du retour à des conditions favorables, l’oospore germe et donne naissance à un nouveau thalle diploïde muni de sporocystes, assurant ainsi la reprise du cycle asexué.
Lorsque les conditions environnementales deviennent défavorables, les noyaux des sporocystes subissent une méiose, permettant la formation de nouveaux gamétanges (spermatocystes et oogones), bouclant ainsi le cycle de reproduction (voir Figure 8).

4. Classification et exemples

Les Oomycètes se divisent principalement en deux grands ordres :

·        Les Saprolegniales : espèces aquatiques, généralement saprophytes ou parasites d’animaux aquatiques (poissons, crustacés, insectes).
Exemples : Saprolegnia, Achlya.

·        Les Péronosporales : espèces parasites des plantes, responsables de nombreuses maladies cryptogamiques.
Exemples :

o   Phytophthora infestans (agent du mildiou de la pomme de terre),

o   Plasmopara viticola (mildiou de la vigne),

o   Peronospora spp. (rouilles blanches),

o   Pythium spp. (pourriture racinaire).

Last modified: Thursday, 13 November 2025, 4:21 AM