Les Mycorhizes

Les Mycorhizes sont des associations symbiotiques entre des champignons (mycètes) et les racines des plantes supérieures (Figure 17).
Cette symbiose, mutuellement bénéfique, représente l’un des partenariats biologiques les plus répandus et les plus importants sur Terre : près de 90 % des plantes terrestres vivent en association avec des champignons mycorhiziens.

 

1.     Une symbiose à bénéfices réciproques

La relation mycorhizienne repose sur un échange de ressources entre les deux partenaires :

·        La plante, grâce à la photosynthèse, fournit au champignon des composés organiques carbonés (sucres, acides aminés) nécessaires à sa croissance.

·        En retour, le champignon apporte à la plante de nombreux avantages physiologiques et écologiques :

o   Amélioration de la nutrition minérale : il facilite l’absorption du phosphore, de l’azote, du soufre et d’autres oligoéléments essentiels.

o   Optimisation de l’absorption de l’eau, grâce à un réseau mycélien étendu qui augmente considérablement la surface d’échange entre le sol et les racines.

o   Protection contre la toxicité des polluants, notamment des métaux lourds (plomb, cadmium, nickel, mercure) et même des substances radioactives comme le césium.

o   Renforcement de la défense racinaire : certains champignons produisent des antibiotiques et mycotoxines qui limitent la prolifération de micro-organismes pathogènes.

o   Stimulation de la croissance végétale par la synthèse de phytohormones telles que les auxines, gibbérellines et cytokinines (Egli & Brunner, 2002).

1.1 Importance écologique

Les mycorhizes jouent un rôle écologique fondamental dans :

·        la fertilité des sols et le recyclage des nutriments ;

·        la tolérance des plantes aux stress abiotiques (sécheresse, pollution, salinité) ;

·        la stabilité des écosystèmes forestiers et agricoles.

Elles représentent ainsi une stratégie adaptative essentielle pour la survie des végétaux dans des environnements hostiles.

 

2.    Les principaux types de mycorhizes

Plusieurs formes de symbioses mycorhiziennes ont été décrites :
Ectomycorhizes, Endomycorhizes, Ectoendomycorhizes, Mycorhizes arbutoïdes, monotropoïdes, orchidoïdes, éricoïdes, et pseudomycorhizes (Garbaye, 2013).
Cependant, deux types dominent par leur fréquence et leur importance écologique.

 

2.1 Les Ectomycorhizes (ou Mycorhizes Ectotrophes)

Dans ce type de symbiose, le mycélium du champignon entoure la racine de la plante sans pénétrer à l’intérieur des cellules.
Les filaments fongiques forment un manchon dense autour des racines (appelé manchon mycorhizien) et s’insinuent entre les cellules corticales, constituant le réseau de Hartig (Figure 18).

Exemples de champignons ectomycorhiziens : Morchella (morilles), Tuber (truffes), Cantharellus (chanterelles), Boletus (bolets).
Plantes associées : principalement des Gymnospermes (pins, sapins) et des Angiospermes ligneuses (chênes, bouleaux).

Ces associations jouent un rôle majeur dans la nutrition et la résistance des arbres forestiers (Egli & Brunner, 2002 ; Garbaye, 2013).

 

2.2 Les Endomycorhizes (ou Mycorhizes Endotrophes)

Chez les endomycorhizes, le mycélium pénètre à l’intérieur des cellules racinaires, formant des structures spécialisées appelées vésicules et arbuscules (Figure 19).
Ces dernières facilitent les échanges métaboliques entre les deux partenaires.

Exemples typiques : Glomus fasciculatum et autres Zygomycètes du groupe des Glomeromycètes.
Plantes associées : la quasi-totalité des espèces végétales (herbacées, cultures, plantes tropicales).

Les endomycorhizes jouent un rôle déterminant dans la productivité agricole, la résilience écologique et la biodisponibilité des nutriments (Garbaye, 2013).

Modifié le: jeudi 13 novembre 2025, 04:42