Tahar Ben Jelloun

     Tahar Ben Jelloun est un écrivain, poète et peintre franco-marocain, né à Fès en 1944. Après avoir enseigné la philosophie au Maroc, il s'installe en France et soutient un doctorat en psychopathologie sociale. Il est célèbre pour ses romans, notamment L'Enfant de sable (1985) et La Nuit sacrée, qui a reçu le prix Goncourt en 1987. Son œuvre aborde des thèmes sociaux et politiques, et il est aussi l'auteur d'essais pédagogiques comme Le Racisme expliqué à ma fille. 

Résumé de l’ouvrage Partir de Tahar Ben Jelloun (2006) :

Contexte

     L’action se situe à Tanger, au Maroc, dans les années1990: ville portuaire d’où, certaines nuits, on aperçoit les lumières de l’Espagne à travers le détroit. La jeunesse marocaine diplômée mais sans perspectives, confrontée au chômage, à la frustration sociale, à l’immigration clandestine ou semi‑légale, constitue le décor de cette histoire.

Personnages principaux & intrigue

     Le personnage central est Azel: jeune homme tangérois, diplômé en droit, mais sans emploi stable ni avenir clair dans son pays. Il fréquente un café au bord de mer à Tanger, un lieu de réunion des jeunes qui «vivent d’espoir». Azel décide qu’il va «partir» vers l’Europe (notamment l’Espagne) : l’«ailleurs» devient pour lui quasi‑obsession. Pour réaliser ce projet, il rencontre Miguel, un Espagnol fortuné qui propose à Azel une aide pour obtenir un visa, mais à un prix moral, voire identitaire.

On croise également d’autres personnages: la sœur d’Azel, Kenza, ou encore la petite Malika, ouvrière au port, qui exprime le désir de «partir».

Thèmes principaux

Le désir de «partir», non seulement géographiquement mais comme acte de rupture, de survie, de projet de vie. Le titre «Partir» évoque le fait de quitter, de s’arracher à une situation. L’immigration, la traversée, la promesse d’un «ailleurs» meilleur, mais aussi les risques, les concessions, les désillusions. Le chômage, l’inaction, la frustration d’une jeunesse qui a fait des études mais se trouve bloquée dans son pays natal. L’identité, l’appartenance, le lien au pays d’origine, la perte ou la transformation de soi à travers le déplacement.

Partir extrait

     « Ils rêvaient de partir, de franchir la mer, d’arriver en Espagne. L’Europe était pour eux une lumière lointaine qui promettait de changer leur vie. […] Quitter le pays. C’était une obsession, une sorte de folie qui le travaillait jour et nuit. Comment s’en sortir, comment en finir avec l’humiliation? Partir, quitter cette terre qui ne veut plus de ses enfants, tourner le dos à un pays si beau et revenir un jour, fier et peut- être riche, partir pour sauver sa peau, même en risquant de la perdre […] Ainsi vous voulez déguerpir, partir, quitter le pays, aller chez les Européens, mais ils ne vous attendent pas, ou plutôt ils vous attendent avec des chiens, des bergers allemands, des menottes et un coup de pied dans le derrière, vous croyez que là-bas il y du travail, du confort, de la beauté et de la grâce, mais mes pauvres amis, il y de la tristesse, de la solitude, de la grisaille, il y aussi de l’argent, mais pas pour ceux qui viennent sans être invités » Partir, Tahar Benjellon (2006)

Questions

·                    Qu’est-ce qui, selon toi, pousse les jeunes à quitter leur pays aujourd’hui ? (selon le texte)

·                    L’identité d’un jeune change-t-elle quand il change de pays ? Expliquez.

·                    Expliquez l’expression : « partir pour sauver sa peau, même en risquant de la perdre »

·                    L’auteur du texte est-il pour ou contre l’immigration clandestine ? illustrez votre réponse en en commentant ses points de vue.

 

Modifié le: dimanche 30 novembre 2025, 11:15